On quitte Jaisalmer et je sens que Mathieu est fatigue.
Il est la, le spleen, le decalage. Elle est latente l'impression de ne pas etre a sa place, l'envie d'etre au calme, chez soi.
Jodhpur a 6h du mat' ou les Rickshaws sont harassants, les detritus au sol, les gens qui dorment parmis eux sur les trottoires.
Pourtant la forteresse que Jodhpur donne a voir fait forte impression. De loin c'est un donjon noir et massif sur un eperon rocheux alors qu'en s'approchant, on decouvre la merveille de taille de
la pierre, la dentelle des fenetres, la finesse des ornements, les interieurs qui rivalisent de couleurs, de dorures a la limite du bon gout occidental.
Incapable de s'emerveiller par fatigue et inconfort, je decide de nous reserver une belle chambre a Udaipur, lumineuse avec climatisation et piscine.
Avant cela, il faut faire 7h de bus et pas n'importe quel bus. Un bus de brousse qui double comme un fangio les doigts visses au klaxon, un bus qui manque de puissance dans l'ascension des cols et
qui traverse dans les descentes a toute vitesse la montagne seche, les petits villages, les tribus de singes, les troupeaux de vaches et de chevres et les routes en travaux, continues par
parties.
Il fait chaud toujours et je ne sens pas la transpiration meme en l'absence de deodorant. Il faut croire que les odeurs sont tellement fortes ici que la mienne s'y fond discretement. Le voyage
n'est pas si long car on dort beaucoup mais il nous tarde d'arriver a Udaipur, la ville des Maharanas (est au Maharaja ce que le Duc est au Baron), fiere et independente avec son palais sur le
lac.