Il faut que je parle mais je n'ai pas le temps de penser.
Parler sans penser me direz-vous, c'est mon habitude.
Mais là il faut que je parle de choses sérieuses.
La politique, le pouvoir, l'argent, l'existence, l'art, les enfants, la folie, la conscience, l'action, le choix, la liberté, la famille, le couple, le corps, la danse, la voix.
Par où commencer ?
La folie peut-être de croire que j'ai sur chacun de ces sujet un avis.
Car j'en ai un sûrement, à venir, à mesure que je l'exprimerai.
Les enfants, c'est à la mode.
Je suis presque tonton.
J'ai eu un enfant. Presque.
J'en ai accouché un.
J'en ai élevé un comme mon frère.
J'en ai aimé un comme un père. Presque.
C'est une telle évidence.
Je n'ai jamais douté du soin que je pouvais apporter en tant que père.
C'est une telle évidence.
Mais ça ne suffit pas.
Je comprends tout juste qu'il faut s'accepter en tant qu'homme et je vois que ça vient.
"Tu t'es transformé ces 6 derniers mois" me confesse mon supérieur.
Il me demande si j'ai eu un enfant.
Je crois oui.
Il est sorti de moi cet enfant innocent.
Il était là depuis toujours.
"Tu n'as pas changé" me dit un ami.
C'est que c'est moi depuis toujours ce nouveau moi.
C'est que ça ne change pas grand chose.
Merci