La Seine

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Pilier

Vienne la nuit sonne l'heure,
Les jours s'en vont je demeure.

Images sur images

Ego mesuré

Mon propre, ma sale habitude oui, c'est de peser le pour et de mesurer le contre.
Içi je fais ma publicité, j'ouvre une fenêtre égocentrique sur mon opinion sans intérêt et vous la suggère sans malice.

Prenez soin de vous,

J.Lo
Dimanche 20 avril 2008
Tonton J.Lo ?
Ben oui, c'est fait.
J'ai hâte de voir sa frimousse.
Tonton gateau ? Certainement !
Vivement la fin de la semaine !
par J.Lo publié dans : Information a caractere d'imprimerie
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Lundi 31 mars 2008
Derniere semaine de course folle dans les rues des metropoles, de sommeil chahuté dans les trains de nuits et de passages obliges.
Passage par Jaipur d'abord ou nous voulions voir le fort Ambert, un gigantesque edifice de pierre jaune qui a la majeste des chateaux tcheques dans un style tout a fait indien avec des crenelages en coupe d'obus et des domes mogholes. Du fort partent des murailles imposantes qui courent sur les montagnes alentours.

De retour en ville au soir, nous avons mange dans un restaurant panoramique rotatif au sommet d'une grande tour avec un service digne d'un palace. Le landemain matin, incapable de trouver notre hotelier a 5h30 du matin, nous avons du quitter la place en escaladant le portail et en laissant le prix de la chambre en liquide dans une enveloppe rudimentaire en dessous de la cle.

Un train plus tard, une omelette aux oignons mal digeree qui me pourrit encore la vie, nous voila a Agra pour voir le Taj Mahal, le palais des reves d'enfance. Il ne faut pas s'y tromper, le Taj est un monument funeraire, aussi beau qu'en photo malgre la chaleur et le bide en vrac. Comme il nous reste un peu de temps, nous faisons le fort rouge d'Agra dans lequel nous deambulons pendant 2 bonnes heures, de piece en piece dans une ambiance de nerfs qui tombe et de blagues a 2 balles. Il y a plein de Francais partout alors on en profite, on se moque, on fait des commentaires.

Encore un train mais de nuit et aurevoir Agra (par Tundla, c'est une autre histoire) et bonjour Varanasi, ville sainte de toutes les Indes. Y mourir, parait-il, libere du cycle des reincarnations et conduit au Nirvana ! Le pieds !!!
On va eviter néanmoins, j'ai encore 2-3 trucs a faire dans cette vie.
L'ambiance est paisible. Dans les ruelles etroites du Chowk, ils ne nous faut pas 10mn pour croiser une procession funeraire qui descend vers le Gange. Draps blancs, c'est un homme. Mathieu se repose car cet apres-midi on va se faire avaler par la ville et ses Ghats (marches vers le fleuve tout le long de la rive).
par J.Lo publié dans : Information a caractere d'imprimerie
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Samedi 29 mars 2008
Nous voila a Pushkar, la ville des gens cool qui veulent avoir la paix, cultiver leur moi interieur et developper leur technique du yoga, de la danse des tablas ou de la sitare.
Et si en plus l'herbe est bonne alors...
Bref, dans ce petit village touristique deambulent en concert les babas quinqua, les punk new wave des annees 80 et les djeuns cool des annees 2K tous habilles dans des tenues larges a pendantes quand la majorite des indiens sont en jean chemise...
Bref, comme l'ambiance s'y pretait, nous avons decide de prendre un cours particulier de tablas et sitare.
Le prof est sympa et nous explique qu'il fabrique lui meme ses instruments. A premiere vue, ils m'ont l'air assez bien realises.
Je decide donc de m'offrir des tablas.
Jusque la tout va bien.
Je propose ensuite a un ami, guitariste de son etat, de lui rapporter une sitare s'il reagit assez vite. Malheureusement, avec le decalage, je ne parviens a avoir sa reponse positive qu'a 22h30 heure locale.
J'appelle le prof qui m'a laisse son portable, il est reveille et me dit de passer maintenant.
Je sors de mon cafe internet pour m'apercevoir qu'en Inde, la nuit est noire...
Pas du genre a me laisser impressionner par les fantomes de l'enfance, je marche d'un pas decide vers l'ecole de musique.
Seulement, il faut savoir que l'emplacement de l'ecole est deja glauque de jour, que la ruelle qui y mene est surveillee par un chien agressif sur un toit et que cette nuit, il n'est pas tout seul.
En Inde, autant le jour appartient aux vaches, autant la nuit appartient aux chiens. Ils sont des dizaines a errer dans les rues, a provoquer des rixes ou simplement a proteger leur territoire par des aboiements vindicatifs.
Toujours est-il que dans le quartier de l'ecole, le club des chiens affames anonymes avait rendez-vous et tenait fort bruyante conversation et cela exactement dans LA ruelle que je devais emprunter !
J'hesite un instant, suis sur le point de prendre mon courage a deux mains (si si, j'allais le faire) quand le prof arrive avec ses deux mains a lui tant et si bien que mon courage s'est trouve mieux tenu.
Nous allons chez lui et discutons des conditions pour finalement tomber d'accord sur un prix. Nous decidons d'aller chercher l'argent (il doit etre 23h passe).
Alors qu'il enfile un pantalon decent, la conversation s'anime dans la maison jusqu'alors silentieuse et des lumieres s'allument a l'etage. Le ton monte un peu quand d'un coup arrive un type qui avale les marches 4 a 4 et vient insulter mon hote avec un hindi des plus indechiffrable.
Les gros mots fusent et c'est le premier coup de poing et puis le deuxieme et puis tous leurs copains tirages de chemise, de cheveux, coups de pieds et compagnie. Je m'ecarte juste a temps puisque mon professeur fuit avec un baton poursuivit par le type avec un autre baton.
Ils ne vont pas bien loin et c'est bouche bee que j'assiste a un combat de corps a corps meme pas pour rire. Bien sur, entre temps, tous les voisins s'etaient reveilles et dans la cohue en bas des marches, les uns separent, les autres rencherissent de coups et les spectateurs encouragent ou insultemt.
L'affaire semble concerner tout le monde, en tout cas, tout le monde semble avoir 2-3 explications a fournir et la conversation a du mal a avancer. Un jeune homme de quinze ans sort de la maison et vient a mon niveau la tete enfarinee de fatigue. Une jeune mere, cachee derriere son voile rose, lui conseille de maniere fort mal aimable de rentrer a la maison ce que le jeune homme refuse de faire.
En bas, les beligerants sont separes et mon hote qui pour l'instant etait sauve dans mon jugement puisqu'agresse monte a son tour la volee de marches, saisit le jeune homme par les cheveux et commence a lui assener une franche serie de claque de plat et de revers. Le petit gars se defend a coup de poings, les voisins arrivent en trombe et le pugilat collectif repart. Meme la femme que j'avais jugee a l'ecart se met a tirer les cheveux de mon hote.
Je me tiens un peu eloigne, a 5m, accompagne d'une voisine curieuse et ridee. Quand le groupe se separt a nouveau, j'en profite pour me rapprocher de mon professeur et je luis glisse:
"It's not a good night for a deal" ce a quoi il me repond encore en nage: "Yes, we'll discuss on the internet".
Je m'eloigne a nouveau car les insultes ne cessent pas. Je ne peux cependant pas partir car l'agresseur et sa troupe de supporter bloquent la ruelle.
Il ne me fallut pas attendre 30 secondes pour qu'un nouvel acces de rage les fasse monter sur le palier.
J'en profitait pour m'echapper.
Mais il y a les chiens.
On est 1h plus tard et ils ne sont pas ce qu'on peut appeler plus calme. Ils sont 5 dans la ruelle dont deux en querelle et la sentinelle sur sa terrasse en sus.
Je saisis une pierre en suivant la methode ancestrale enseignee par mon pere et me dirige d'un pas decide vers la troupe qui bloque la rue. Le premier va se cacher sans demander son reste, le second part sur une interjection et les querelleurs fuient a la vue de ma pierre brandie en menace. Tendu, je tiens mon pas tout en surveillant d'un oeil les betes dans mon dos et en inspectant le chemin a venir. Sur la placette encore 5-6 specimens puis 2-3 dans la rue de l'hotel. J'apercoit l'enseigne dans la penombre, j'accelere mon allure, ouvre le portillon d'un geste et referme aussitot.
OUF...

Tant pis pour la sitare.
Pourvu que mon prof survive !
par J.Lo publié dans : Information a caractere d'imprimerie
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Jeudi 27 mars 2008

Alors que dans toute l'inde on fete Holi, fete des couleurs et de la lumiere pour les hindous, de grandes violence ont eu lieu a Chittorgarh entre confessions musulmanes et hindous.
On peut lire dans le times of india que la police a du dissiper les emeutes a coup de balles en plastiques et gaz lacrymogene.
Pas de souci, notre prochaine destination etait justement... Chittorgarh...
Cependant, organises que nous sommes, nous avions deja notre billet Chittorgarh - Jaipur.
Nous allons donc a la gare pour prendre un Udaipur - Chittorgarh afin de ne pas avoir a traverser la ville et de preference dans le meme train et aux meme place que nous avons deja reserver pour le voyage de nuit.
Comme ca nous aurions un Udaipur - Jaipur en direct.
Apres moultes discussions, le type de la gare nous assure que la procedure est d'aller voir le controleur dans le train au moment du depart (ce qui se fait dans les bus).
Ainsi soit-il, ce fut fait.
Le controleur me regarde alors avec des yeux genes. Si je voulais une extension, il aurait fallu que je prenne au moins un billet de base pour faire le trajet, la je suis considere comme resquilleur.
Je me plains, j'argumente puisque je suis de bonne foi. Le type me dit qu'il va voir et revient 10mn apres.
Il revient et m'emmene entre deux wagons. La, il m'explique qu'il ne peut pas me faire de billet sans me faire pailler la taxe de resquillage qui vaut le prix du billet lui-meme.
"What can I do" qu' il me dit. "What do you want ?" qu'il me dit.
Je lui dit que je veux dormir. Ca le fait rire, il me reexplique tout son dileme et finit par "What do you want ?".
Je lui dit que je veux payer mon billet et que je me fiche qu'il me fasse un recu ou non, je veux juste aller dormir.
Le voila tout souriant et complice comme un gamin a qui vous auriez promis une sucrerie.
Il me dit "Ok"
Je lui donne l'argent et je vois ses yeux briller, ca represente pas mal d'argent pour un Indien car seuls les indiens aises voyagent et encore plus aises sont ceux qui voyagent en classe climatisee.
Il me dit que je n'aurai pas de probleme et que je peux aller dormir.
Je m'execute, pas fier.
En France j'aurais certainement paye, on ne m'aurait certainement pas propose, ca m'aurait facilite la vie.
Ici, il faut faire le choix conscient de ne pas marcher et l'integrite est un sacerdoce.

par J.Lo publié dans : Information a caractere d'imprimerie
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Mardi 25 mars 2008
On quitte Jaisalmer et je sens que Mathieu est fatigue.
Il est la, le spleen, le decalage. Elle est latente l'impression de ne pas etre a sa place, l'envie d'etre au calme, chez soi.
Jodhpur a 6h du mat' ou les Rickshaws sont harassants, les detritus au sol, les gens qui dorment parmis eux sur les trottoires.
Pourtant la forteresse que Jodhpur donne a voir fait forte impression. De loin c'est un donjon noir et massif sur un eperon rocheux alors qu'en s'approchant, on decouvre la merveille de taille de la pierre, la dentelle des fenetres, la finesse des ornements, les interieurs qui rivalisent de couleurs, de dorures a la limite du bon gout occidental.
Incapable de s'emerveiller par fatigue et inconfort, je decide de nous reserver une belle chambre a Udaipur, lumineuse avec climatisation et piscine.
Avant cela, il faut faire 7h de bus et pas n'importe quel bus. Un bus de brousse qui double comme un fangio les doigts visses au klaxon, un bus qui manque de puissance dans l'ascension des cols et qui traverse dans les descentes a toute vitesse la montagne seche, les petits villages, les tribus de singes, les troupeaux de vaches et de chevres et les routes en travaux, continues par parties.
Il fait chaud toujours et je ne sens pas la transpiration meme en l'absence de deodorant. Il faut croire que les odeurs sont tellement fortes ici que la mienne s'y fond discretement. Le voyage n'est pas si long car on dort beaucoup mais il nous tarde d'arriver a Udaipur, la ville des Maharanas (est au Maharaja ce que le Duc est au Baron), fiere et independente avec son palais sur le lac.
par J.Lo publié dans : Information a caractere d'imprimerie
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