Au detour d'une station a essence, ses neons bleus clignotent.
Une terrasse de chaises en plastiques bleues nombreuses mais vides comme l'heritage d'une gloire passee.
19h.
Je viens d'arriver au rendez-vous, je suis le premier apparamment.
Mon emission de radio se termine, je coupe le contact.
Un type chauve a l'entree scrute le parking avec un regard mi-tendre mi-desespere, a l'affut des nouveaux clients.
J'attends un peu en esperant avoir du renfort ou un soutient pour investir la place inconnue.
Je me leve finalement attise par cette ambiance un peu glauque et intriguante.
A l'entree le type me toise avec un sourire et je penetre dans la salle.
4 personnes sont assises, a attendre. Un couple de la cinquantaine, l'homme chauve et un peu raide. Attife d'un pantalon a pince gris et d'une chemise blanche ouverte aux deuxieme bouton, la femme dessechee, peinture a l'huile sur canevas osseux, un petit haut largement echancre a ficelles qui fait reluire son squelette.
Et deux femmes, mures, assez commune, chatain claire, un peu rondes souriant de cette facon si naturelle qu'elle m'est incomprehensible, comme si la nature avait accompli en elles quelque miracle qu'elles se doivent de dispenser une partie du bonheur qu'il leur procure.
J'ai beau scruter, pas de miracle.
Mais parlons un peu de cette salle. Obscure pour l'instant, comme habitee des demons de la fete des annees 80. Un decor kitch avec des colonnes romaine comme pilier de bar et des couleurs violettes, une tentative de gout avec des petits sieges matelasses autour d'une piste de danse assez grande pour l'instant coupee par un rideau qui rapelle les spectacles de fin d'annees d'ecole primaire.
D'autres personnes sont arrivees pendant ma decouverte du lieu. Deux petits vieux habilles avec classe, une fille plus jeune, la vingtaine, charmante et sans pretention, une vieille dame qui avait tout de la Diva, l'allure, la grace mais accoutre comme ma grand mere qui passe sa journee chez elle.
Le prof arrive, la trentaine, cheuveux noirs tres courts, muscle comme il se doit.
Le cours commence et je suis toujours seul alors je dance en regardant les gens avec mon sourire habituel "enchante, moi de meme" et je fais de mon mieux pour ne pas etre ridicule.
Pas de base, tout va bien. Tour de cote, a gauche, a droite. Djum arrive enfin, je commencait serieusement a me decomposer de gene, de n'avoir rien a faire ici. Je n'arrive plus a danser, je suis tout rouille, je ne retiens que la moitie de ce que dit le prof et me tape regulierement la honte a me tromper et a faire n'importe quoi. Perseverant, j'assume, de toute facon, je n'ai rien a prouver a ce troupeau d'habitues, et, tout doucement, ca rentre, passe par passe.
Voyons voire: sortie simple, retour, sortie sous le bras, echange, sous la cavaliere, passage par derriere, americain, changement de main enroulement, reprise, sortie deroulee avec changement de main, passage dans le dos main sur l'epaule, passage en 10 avec double tour, reprise, sortie simple avec changement de main, etc...
C'est deja la fin du cours, on va manger de la pizza et boire un verre dehors. Djum fait des touches avec le petits vieux et moi avec les vieilles, on se retrouve cerne par le troisieme age. Ils sont tres gentil et nous font a leur maniere leur "bienvenue sur la cote d'azur, le pays du strass et des vieux".
La soiree est plus classique, je rencontre Poly et Zaza grace a Al et danse et transpire comme toujours.
Au final, la soiree etait bien, les vieux touchants, quelque personnes vraiment fortes pour le spectacle.
Retour sous les eclairs pour un sommeil de plomb (qui ont failli sauter du reste).
A refaire.